Concerts
| 16/06/2012 | MILLY-LA-FORÊT |
Les Wriggles, le pied de nez du clown
Presque quinze années d'existence, cinq albums, deux dvd, une carrière pleine, les Wriggles sortent un troisième dvd, et des tas de bonus dont un cd live de dix titres. Rencontre avec Christophe et Frédéric pour une discussion sur la scène, l'absence, le travail en groupe, la cosmogonie Wriggles, les bons et mauvais moments, bref un bilan au moment de se mettre en pause... Quoi ?!
Je suis avec Christophe Gendreau et Frédéric Volovitch des Wriggles, à l'occasion de la sortie de leur dvd : Tournez, avec un z ! Pour commencer je voudrais revenir sur ce dvd, c'est donc le dvd, qui conclut la tournée liée à votre cd « Tant pis ! Tant mieux ! ». Cd un peu particuliers puisque c'est le premier cd que vous avez fait à trois et première ma question porte sur cette période, quelles ont été vos motivations qui au moment du départ d'Antoine Réjasse et Franck zerbib, vous ont poussées à continuer et à faire ce cd et cette tournée ?
Frédéric : Ça c'est pas fait tout de suite, quand les copains nous ont dit qu'eux ne feraient pas le prochain spectacle, tous les trois on s'est laissé un peu le temps de réfléchir, savoir si on avait envie, si on se sentait capable, remettre des costumes rouges et repartir défendre ou de snouvelles chansons, sachant qu'on ne perdrait pas complètement le répertoire, dans mon souvenir, en deux semaines c'était plié, tous les trois on avait encore l'énergie, l'envie d'aller ensemble dans cette aventure là. On s'est pas mal posé de question avec Jean-Michel, notre production, qui nous défend aussi depuis le départ, on en a parlé assez vite à Franck et à Tonio, en disant voilà « On va continuez tous les trois » et après notre chance c'est le fait que l'on soit à trois n'a pas fait s'enfuir nos collaborateurs.
Donc assez vite on a mis en place une résidence, qui était déjà prévue à la fin de la tournée 2006 pour janvier 2007.
Christophe : Les copains nous avaient prévenu avant qu'ils allaient arrêter.
F : La dessus la prod' a suivi, en disant voilà, voyons ce que font les trois petits pères, le label aussi. Très vite il y a eu les dates d'enregistrement de l'album, et le label Atmosphériques, qui produit et le cd et le dvd y ont crus pour avoir envie de le défendre. D'où après les trois ans de tournée, toujours à notre manière, c'est à dire du Wriggles pendant cinq 6 mois, des projets persos, on retourne aux Wriggles, et là on est dans notre dernière ligne droite qui tombe pas mal pour vendre un dvd quand on ne va plus faire le spectacle, avec la Cigale qui arrive pour fêter ce spectacle qui a rencontré un accueil vraiment sympa.
C : On a relevé le challenge.
Je rebondis, sur scène, passer de cinq à trois, ça vous a effrayé, vous avez eu la peur du vide ?
C : Oui, c'est à dire, comme disait Fred, c'était une période assez délicate où on se posait des questions de continuer de cinq à trois et on avait cette phrase qu'on se répétait : « c'est flippant mais c'est tripant ». Cette flip nous a mis des moteurs au cul, pardon aux fesses, et on était très content de repartir. On s'est marré à l'écriture, à la création du spectacle, on s'est marré pour l'album, on s'est marré pour le dvd et puis on continue à se marré sur scène donc ça va !
F : On sortait d'un spectacle à cinq où on avait intégré des éléments de décors ce qui n'était pas dans notre habitude et qu'on avait jamais fait dans les autres spectacles des Wriggles, déjà on savait qu'on ne s'interdisait pas dans notre façon de bosser artistiquement sur scène, les éléments de décors, il fallait juste que cela soit transportable dans un camion et pas onéreux. Donc assez vite on s'est dit tous les trois, y'a des grosses scènes, comment on occupe l'espace et on l'a senti et on nous l'avait dit si tu prends cinq mecs sur scène, ça a une gueule ! On voyait bien comme on bossait tous les cinq, tu peux en mettre derrière, devant, et donc on a rebondi sur ces portants à roulette que tu peux voir dans le dvd, qui à mon avis on joué leurs jeux pour nous aider sur certaines scènes à pas faire trop petit. À jouer avec, à faire des murs, des portes, à se cacher... Même si un portant ça n'a jamais remplacé le talent des deux copains qui partaient, mais ça a fait une scène un peu plus pleine.
C : Ça nous permettait de redessiner des espaces.
De l'idée primordiale de la chanson, la petit phrase qui amorce la pompe à la mise en scène, quels sont les différents processus ? La petit connerie qui éventuellement donne une chanson ?
C : On s'était dit qu'on allait se réunir pour écrire, on s'est fait quinze jours de résidence, à la campagne, pour se retrouver pour écrire. On se retrouvait l'après midi, le matin chacun dans son coin et puis l'après midi, sur des sujets qu'on avait abordé, certains que l'on traînait depuis longtemps et d'autres à force de discussions, et on s'est jeté dedans, donc il y a eu cette période d'écriture.
Certaines chansons, à la création on imaginait déjà une mise en scène, après il y a des chansons qui se suffisent à elles même, juste à chanter après c'est une question d'espace.
Ensuite on se retrouve avec Christian Lucas notre metteur en scène, qui avait déjà fait le spectacle d'avant et celui encore d'avant, notre petit metteur en scène qu'on aime beaucoup, et on était très content de se retrouver encore avec lui, sur un mois de résidence où l'on avait auparavant, parce que j'ai sauté une étape, arrangé des voix avec Michel Puyau la première semaine de résidence, et on s'est retrouvé sur scène à bosser la lumière, avec Christelle Moreau, et avec notre ingé-son, Jérôme Favrot-Maës, qui ont fait une vraie création puisqu'ils nous amènent plein de bonnes idées.
Et puis après c'est la scène, voilà !
Justement, vous êtes très tournés vers la scène, vont chansons sont autant à entendre qu'à voir, comment se passe le travail en studio de ces mêmes chansons ? L'articulation avec ce que vous allez faire sur scène, le jeux avec les décors, et ensuite en studio. Vous avez un travail de voix, une guitare et puis c'est tout ?
F : Sur « Tant pis ! Tant mieux ! » cet album là particulièrement, cette expérience. Sur les deux autres album Wriggles produit par Atmosphériques, on avait accepté, et c'était le bon moment pour nous, de bosser avec un réalisateur, Philippe Eidel, qui avait fait déjà quarante disques et pas que de chansons. Donc on avait accepté de se laisser diriger, de se laisser surprendre et d'aller dans des pistes qui ne sont pas de nous et qui venaient d'un réalisateur, qui avait dit à la maison de disques moi, laissez moi les Wriggles trois semaines et je vous fait un album.
Là tous les trois, on a plutôt argumenté sur cette énergie, parce qu'on rebondis bien tous les trois, on s'écoute bien, on avançait, on a dit à Atmosphériques, nous l'album on aimerait bien le réaliser. On avait jouer le jeux deux fois d'être avec quelqu'un d'autre, là on aimerait bien le faire, avec notre ingé-son de scène Jérôme, et ça été accepté. Notre idée c'était de revenir aux sources, à l'esprit de notre tout premier album, sans les défauts rythmiques ou un peu amateur, de s'appuyer sur la guitare sèche, notre instrument de base, laisser une belle place à Stéphane (Gourdon) qui fait beaucoup d'arrangements vocaux, de human beatbox, trompette, qui s'amuse à faire des tas de choses. Et on voulait rebosser avec un gars qu'on avait croisé, un bassiste, qu'on avait déjà vu dans d'autres groupes, en se disant bon une guitare sèche, ça fait plein de choses, c'est intéressant dans médium, dans l'aigu, même nous tous les trois on a avait perdu Tonio qui lui avait une bonne voix grave, qui pouvait descendre très bas. On est assez polyvalent mais il nous manquait les brosses basses.
On s'est dit une basse, ça pourrait être sympa de voir comment ça se passe, la dimension basse aigu. Après c'est très épuré comme boulot, on nous aurait même mis un mois de plus en studio tous les trois, je pense qu'on aurait pas été cherché d'autres choses. On voulait faire quelque chose qui nous ressemble.
Pour reprendre ta question sur les chansons en scène et studio, on a privilégié pour l'album des chansons où l'on savait que sur scène elles prendraient leurs places. Toutes les chansons à chute on ne les a pas mises dans l'album en disant on va pas dévoiler la fin avant que les gens voient le spectacle.
On a plutôt fait un album de chansons, y'a des chansons tarées, débiles, déconstruites, mais plutôt chanson-chanson, qui à notre grande surprise, parce que nous on avait le nez dedans on faisait pas trop gaffe, mais à la sortie y'a des gens qui nous on dit, c'est peu triste, c'est pas forcément très drôle, et c'est vrai qu'en voyant toutes les chansons on a pas été chercher les plus déjàntées.
À commencer par le titre « Tant pis ! Tant mieux ! », ça a ce petit côté « Ça va ça vient » de Boby Lapointe.
C : C'est ultra positif comme titre, ça aurait pu être « Tant mieux ! Tant pis ! ».
Sur la scène toujours, réfléchissez, donnez moi un souvenir inoubliable. Une émotion, avec un grand M !
F : L'émotion avec un grand M ! Très drôle ! Notre premier Point-Virgule, la première fois que l'on joue les Wriggles tous les cinq. Après il y en a plein d'autres, mais celui là... On avait jamais joué le spectacle à personne, dans des vraies conditions et là, du coup, tous les cinq à nos âges respectifs, autour de vingt ans, on savait pas du tout ce que cela allait donner et tous les copains dans la salle, les parents, ça a été fort !
C : La première Cigale aussi, qui était d'un seul coup une grosse scène parisienne, avec le vrai bon gros trac, et on a ré-écouté, parce qu'il y un enregistrement live de la première Cigale, et on a vu que la première chanson on pouvait pas la mettre sur un disque tellement on était beaucoup trop tendus et on commence à se détendre à la troisième chanson.
Toujours dans la même veine, mais le côté obscure la grosse galère ?
F : Pareil il y 'en a plusieurs, j'ai envie de dire, dans les débuts, on s'est fait une mini tournée au Maroc, du premier spectacle Wriggles, moi je l'avais pas mais deux potes avaient la tourista, et faire un spectacle dans une salle à un quart pleine, sous une peinture d'Hassan II, avec la tourista, c'est galère.
C : Oui c'était pas facile ! En ce qui concerne le portrait d'Hassan II !
F : Les places étaient payantes, les gens fallait qu'ils sachent parler français, on voyait bien qu'on arrivait pas du bon côté de nos idées dans ce pays là, pas du côté des spectacles populaires, on se demandait un peu qui était là.
C : Aussi une soirée à laquelle Fred avait échappé, bien joué d'ailleurs, c'était au cirque du soleil, on avait fait des spectacles à quatre, on s'était retrouvé pour une soirée Georges Dubœuf ! Pour la sortie du Beaujolais ! À chanter devant 400 personnes qui mangent et qui boivent entre des danseuses brésiliennes et Michelle Torr, c'était fabuleux. Forcément tout ceux qui mangent, c'est des clients de Dubœuf, c'est à dire, japonais, allemands, italiens, qui n'en ont rien à foutre.
Décalage !! Depuis le début vous avez cette image de clown grimaçant, qui pour moi évoque beaucoup les Béruriers Noirs, je me trompe ou il y'a quelque chose de ce côté là ?
F : Moi je ne connais pas, je crois pas. Plutôt les VRP, les Nonnes Troppo. Des costumes, un groupe, des gars qui font des chansons cons et rigolotes.
C : Les Béruriers Noirs c'est plutot punk-rock, nous depuis le début on se situe entre la chanson et le théâtre.
Parlons du dvd, réalisé par David Vallet
F : David à déjà réalisé deux dvd des Wampas, c'est avec lui qu'on a réalisé le fourre-tout, voilà c'est aussi la rencontre qui s'est vraiment faite sur ce dvd là, du groupe et du réalisateur alors que sur les deux autres dvd, c'était une captation avec des grands noms du dvd. On a fait une réunion avec eux, on a vu une fois le dvd, on a fait deux remarques et les gars on les revoit plus, c'est pas des copains, ils font leur truc à eux. Mais là il y a eu une vraie rencontre et toute la compréhension de David sur nous, son regard, la façon dont il avait envie de filmer les chansons qui nous ont souvent bluffés.
C : Lui, il a vraiment une influence punk-rock.
C'est vrai ce que dit Didier Porte sur votre dvd ?
C : Quand il nous insulte ?
Juste avant, que vous allez faire une pause ?
F : Oui c'est vrai, on a décidé de se mettre en standby, pour travailler à nos projets personnels. Si il y deux ans tu m'avais dit, voilà en 2010 tu arrêtes les Wriggles, ça me ferait bizarre, mais aujourd'hui on sait pourquoi on arrive à cette décision là, on veut pas se brûler là dedans et pas se retrouver les uns les autres à s'en vouloir d'être encore dans cette aventure là alors que ça nous amuse plus. Ça fait quinze ans qu'on fait les Wriggles et on s'est vraiment éclaté, pas tout le temps, mais voilà, cet univers de chanson-théâtre habillé en rouge, pourquoi pas passer à autre chose, quitte à y revenir. En sachant pourquoi on y revient et ce qu'on envie de raconter, mais pas se sentir obligé de le faire tout le temps et on nous pas foutu la pression alors qu'on doit des thunes à tout le monde...
Ça n'est qu'un au revoir les Wriggles, à bientôt peut-être.
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Artiste :: Malakoff
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Commentaires
C'est vrai ?
Les Wriggles s'en vont ?!!