Concerts

16/06/2012 | MILLY-LA-FORÊT

Une ballade musicale dans le Paris social

Dans la boîte à sortie

Étonnant couple formé par le spectacle « Bal(l)ade parisienne » avec le théâtre du Ranelagh. D’un côté un tour de chant dans la grande veine de Boris Vian et de l’autre un théâtre à l’ancienne, sièges en velours, plafond à caissons, au cœur du XVIe…Finalement à l’image de ce que le spectacle propose : un tour de Paris en une heure pile. Pari réussi.

Dans un second degré tendance kitsch le décor est posé. Devant nous,  voilà…PARIS ! C’est à dire un lampadaire en fer forgé et un banc vert foncé. Sur le banc est posé un guitariste (Yan Pradeau), chapeau rigolo et boucles d’oreilles qui lui donne une allure punk. Deux jeunes dames (Delphine Haber et Isabelle Siou) arrivent très vite, là  encore, elles s’amusent de la caricature  en petite robe noir et veste queue de pie rouge.
Le tour de Paris en chanson peut commencer. La vraie réussite de ce spectacle outre la qualité du musicien et des deux chanteuses réside dans le choix des textes. Il aurait été totalement vu, revu et censuré de nous balancer des chansons mille fois entendues. Là, un savant mélange de « tubes » et de choses plus confidentielles apporte une proposition pertinente.
La visite guidée est organisée par Maupassant, Appolinaire, Aragon, Prevert, Queneau, Jacques Réda, Jacques Roubaud, Franck Venaille et Ludovic Janvier. La troupe nous décrit avec le sourire un Paris glauque où le « RER, rien qu’le nom c’est l’enfer »  où les bancs ont disparu car les clochards y dormaient gratuitement, et où le poinçonneur des Lilas rêve de Miami, pour ce dernier, et pour le grand bonheur de tous, les chanteuses se font comédiennes en choisissant de transformer la chanson en poème. A plusieurs reprises, elles s’interdisent des reprises impossibles de chansons qui sont autant monuments que tous ceux visités durant le spectacle.
Un joli spectacle à prendre avec humour et poésie.

Amélie Blaustein-Niddam