Concerts

16/06/2012 | MILLY-LA-FORÊT

Une interview pour Zikannuaire

Yan par Yan Pradeau

La formule varie, disons que nous partons d'une base classique chant / guitare autour de laquelle nous ajoutons basse / contrebasse, batterie / percussions, clavier / accordéon.

2/ Pourquoi ce nom, un rapport direct avec la ville,ou un esprit plus historique avec la bataille ?

Ni la bataille, le gâteau, ni le groupe d'assurance, mais bel et bien la ville.

Parce qu'elle est une ville ouvrière, faite de bric et de broc qui tente de garder cette identité, parce qu'elle est une ville française avec un nom d'origine étrangère et qu'en ce sens elle est sans le vouloir emblématique et porteuse de valeurs que me sont chères.

Notons que j'y ai vécu pendant 25 ans.

3/ Les influences sont très varies, expliquez-nous vos influences et par la même occasion la progression musicale de la formation ?

C'est à travers les rencontres que j'ai cherché à construire ce mélange d'influence : Il y 10 ans le groupe s'appelait Lilli Chiffon, ambiance cabaret avec une chanteuse, puis La 4l à Bob, plus du côté chanson festive avec accordéon et basse à vent, pour finalement revenir à ce qui reste mon influence première : le rock !

Le rock parce qu'il est d'essence populaire et intrinsèquement issue de la culture ouvrière, parce qu'il est la bande son idéale du monde industriel qui s'écroule dans un fracas de bruit et de fureur

4/Tu viens de sortir un album "Direction Paris". Pouvez-vous nous le décrire de l'intérieur, ces influences, ces thèmes ?

Direction Paris, c'est l'aboutissement de longue années de travail, de quelques belles amitiés, d'amour mortes, de drames. L'influence est en deux parties si j'ose dire : Paris et les femmes, mais le thème c'est l'amour et la mort.

Comment ces deux choses là, thème et influence s'articulent, je ne saurais le dire. Paris est ma ville de naissance, j'ai cette ville dans le sang et en même temps je l'abhorre autant que je l'aime.

5/ Pourquoi avoir enregistrer cet album en Bourgogne, envie d'une intimité loin de la ville,  pour finalement nous offrir un album très urbain ?

Je disais dans la question précédente, des rencontres, celle de Didier Grebot qui est le réalisateur d'Yves Jamait et d'Agnès Bihl. Il nous a ouvert les portes de son studio en Bourgogne, à Cussy la Colonne (50 habitants, pas un café) et son savoir faire, énorme, en terme de réalisation, a contacté des musiciens guest de première bourre (Samuel Garcia, Thierry Caens, Pierre Olivier Fernandez, Thomas Loyer...)

On a donc passé en 21 jours dans ce studio, à regarder les vaches et les chevaux quand on enregistrait pas, au premier étage d'une grange transformée. On a pris la temps avant de reprendre la direction de Paris.

6/ Tu concilies le rôle de journalisme musical et de musicien et avec brio ! Comment gères-tu ces deux fonctions ?  Y a t'il une complémentarité ?

Merci pour le brio... Oui complémentaire, comme les deux faces d'une même pièce, il s'agit en tout et pour tout d'écriture et de musique.

7/  L'album est sorti en indépendant, es-tu dans une démarche de recherche de label ?

Si trouver un label veux dire ne plus être indépendant, alors pas plus que ça. Ça n'est pas pas une recherche active dans l'immédiat. Un distributeur par contre oui !!

8/ Au niveau matériel, es-tu fidèle à tes instruments, ou aimes tu le changement perpétuel, la découverte ?

Oui fidèle à mes guitares, Stratocaster et Les Paul, ampli Blues junior de Fender et préampli Mesa Boogie. Par contre côté production, les bidouilles, les trucs et astuces j'adore essayer !

9/ De quel groupe ou artiste te sens-tu artistiquement les plus proches ?

AC/DC parce que j'ai 15 ans et AC/DC parce que je ne les ai plus ;-) Ce qui, tu es d'accord, est assez loin de Malakoff. Curieusement j'écoute peu de chanson française et j'ai écouté énormément de jazz pendant un temps. Ce que nous sommes est-il la somme de ce que nous faisons ?

10/ Quel est le dernier disque  que tu as écouté ? Qu'en avez-vous pensé ?

Le Larron, excellent, un artiste prometteur à suivre... c'est le journaliste qui parle.

11/ Quels sont tes projets dans les mois à venir ?

Jouer, écrire, écouter, écrire, jouer, écouter encore, alors rejouer, ré-écrire et aimer les gens, tant qu'il y en a !

Un concert le 4 novembre aux Cariatides et le 4 décembre à la Manufacture Chanson, avec une groooooosse surprise !!

12/ Des anecdotes live ou studio à nous faire partager ?

Arnault Cassina a été notre ingénieur du son de bout en bout, fait rare, ce qui donne cette unité à l'ensemble. IL a construit les préamplis du studio, ainsi que son acoustique, et un superbe micro à lampes dont le corps est un pied de table Ikea.

Au moment du mastering, on décidé avec lui et Didier de tenter une expérience : Faire le mastering sur un 8 pistes à bande de chez Otari, une antiquité maintenant. C'est peut-être un des seul CD du marché qui soit estampillé DDA.

13/ Je te laisse conclure cet entretien avec ce que bon te semble...

C'est la 13ème question de l'interview, peut-être vaut-il mieux passer la main non ?! Comme le disait Wittgenstein : "Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence"