Concerts
| 16/06/2012 | MILLY-LA-FORÊT |
Été 67
Si la Hollande est l'autre pays du fromage, alors la Belgique est l'autre patrie du rock français. Sur le papier tout y est et l'alignement des planètes est parfait pour que puisse émerger autre chose que des premiers de la classe à un concours de circonstances. Un ciel bas et lourd qui fait l'horizon de la morne plaine belge, une des-industrialisation dont le rock est la bande son évidente, une tradition plusieurs fois centenaire dans le brassage du houblon – carburant naturel des répétitions enfumées -, l'arrière-plan onirique et unique que constitue l'intégrale de Gil Jourdan, du commissaire Maigret, des contes du whisky de Jean Ray, l'ombre des aînés tutélaires et le solide précédent de dEUS, Girls in Hawaii, Absynthe minded, Clouseau, Ghinzu et maintenant : Été 67. Après un premier album éponyme suivi de trois ans de tournée les six musiciens liégeois sortent « Passer la frontière », un petit bijou de vérité artistique, « un carnet de voyage car cette dimension là est importante dans notre musique ». « On a fait cet album dans un studio des années 80 presque à l'abandon. Nous l'avons produit avec l'aide de Renaud Houben et de Maxime Gendebien, collectionneur de pédales, de compresseurs et de pré-amplis à lampes ». À l'ancienne, c'est à dire tous ensemble dans la même pièce : « Pas de prises multiples empilées les unes sur les autres. On a répété longtemps en amont et pendant un mois on a enregistré. Les disques que l'on aime ce sont ceux où l'on sent le son de la pièce, l'humeur des musiciens, avec des aspérités, parfois une fausse note, un coup à côté ». Le nom du groupe le suggère : une référence au « son des années 60 et 70, de ces disques là : Neil Young, Bob Dylan, les Doors, Eels, les Beatles ». Pourtant ils font le choix du français : « On s'est rendu compte, en écrivant, de toutes les nuances de la langue, chaque mot a une histoire, une connotation. En anglais on ne peut pas être aussi subtil ». Si comme le dit Arno : « La Belgique n'existe pas, la preuve j'y vis », alors le rock français n'existe pas, la preuve : Été 67.
Yan Pradeau
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